Les Innocents

 François Hollande et Emmanuel Macron.


La période est particulièrement agitée sur le plan juridique pour les acteurs majeurs de la politique en France. Le procès du RN tient la corde, avec d’autres épisodes judiciaires à venir, mais l’histoire récente de notre République démontre une volonté de clarifier les limites de la loi. Ces limites dépassées, les sanctions suivent.

La liste noire ou grise : Voici une petite liste, pour mémoire, de quelques acteurs bien connus qui ont eu à faire avec la justice, pour des raisons différentes, mais bien à cause de ce hors limites qui s’applique à n’importe quel citoyen :

M. Le Pen (et son orchestre), N. Sarkozy, F. Fillon, J. Cahuzac, A. Juppé, Couple Balkany, H. Emmanuelli, C. Guéant, G. Tron, B. Tapie, M. Mouillot, Léon Bertrand, J. Médecin, A. Carignon, JM Boucheron ……

On se doit de respecter les élus, mais on ne peut s’empêcher de constater que la défiance des français vis-à-vis des responsables politiques trouve quelques sources d’inspiration dans cet océan de tricheries plus ou moins avérées. Le chiffre du manque de confiance est abyssal : 70%. Ce qui ne se voyait pas « avant » offre aujourd’hui une visibilité publique, avec des conséquences immédiates sur l’opinion.

Et ceux qui travaillent en transparence, et sans casserole juridique, en payent le prix par contagion.

Les innocents : Dans notre République de ce premier quart de 21e siècle, François Hollande et Emmanuel Macron ont sans doute été les deux personnalités politiques les plus critiquées, mal aimées, voire détestées par les français. Le premier pour sa courbe du chômage récalcitrante et sa déchéance de nationalité, et le second pour ses innombrables mépris verbaux et une dissolution de l’Assemblée hors de propos. Ceci pour résumer. Mais aucune triche ou malversation ne sont apparues, et dans ce moment « juridique » de la politique française, cela jurerait presque. Evidemment, le rôle présidentiel expose, parfois plus que nécessaire, et les courbes de popularité risquent toujours de ressembler à des toboggans ultra rapides à la suite d’une décision ou d’une phrase. C’est le jeu, charge aux communicants d’amortir un peu les chocs, mais au fond, ces deux personnages ressortent en ce moment plus que jamais comme ceux qui ont évité les pièges de l’excès de pouvoir, de l’excès de confiance, de l’excès vis-à-vis du droit. Mais malgré cela :

François Hollande :


Emmanuel Macron :


Ces chiffres ne bougeront plus pour François Hollande, mais pourront remonter pour Emmanuel Macron dans un « effet drapeau » lié à son rôle et sa visibilité dans la construction d’une défense française et européenne. C’est un retour d’activité qui était en berne depuis la dissolution et qui renaît de ses cendres dans l’environnement international face à la Russie et aux États-Unis.

Quoi qu’il en soit, il est sans doute bon de remarquer, sans parti pris puisque les deux Président et ex-Président s’opposent, que chacun d’eux a traversé le pouvoir sans s’en accaparer des avantages illégaux, ou tricher avec les finances publiques. On peut faire confiance aux médias pour avoir surveillé de près ce sujet. Le PNF (Parquet National Financier) a d’ailleurs été créé sous la présidence de F. Hollande en avril 2013.

Alors, croisons les doigts, mais à ce jour l’espace politique a au moins deux innocents.

Note de l’auteur

Cet article ne représente pas une critique sur le fond des personnes publiques, mais une analyse des choses perçues, des risques liés aux communications du monde politique et des enjeux de celles-ci. Les noms cités ne le sont que pour comprendre leur impact au travers de décisions, de déclarations ou de comportements médiatisés.

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